Cher Fabrice, Enfin je réalise mon rêve!!!! Tu auras certainement du mal à le croire mais je vole actuellement vers Odyssée Boréale, une pourvoirie au 50ème parallèle. Ce nom n’évoque probablement rien pour toi, mais je vais y vivre une expérience unique... Avec quelques amis, nous avons entrepris de faire un raid aventure pêche en canot dans le nord du Québec. Loin du monde, du bruit, plus près de la nature, celle qui s’impose à nous. Ce territoire est situé au coeur de la région du Manicouagan, il est uniquement accessible par hydravion. Septembre est vraiment un moment magique au Québec et je sais que nous risquons de rencontrer déjà la neige. Je suis comme un enfant qui attend son cadeau, l’avion tremble, le moteur rugit, c’est le départ!!!  Je vais savourer mon voyage...
Ces poissons ont une défense étonnante, et la beauté de leur livrée est vraiment éblouissante. Comme nous approchons de la fraie, les couleurs sont encore plus vives. leur ventre orangé, les nageoires rouge sang avec un liseré blanc, la multitude de points bleus, rouges, gris. Je suis vraiment émerveillé par cette truite mouchetée. En fait, chez nous en France on les appelle les saumons de fontaine. Je me souviens qu’il y avait eu des alevinages dans les années 70. Nous avons gardé quelques poissons pour notre repas du soir...
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Les orignaux sont tres actifs dans la partie nord ouest du territoire...
Le lacHomard, campement 1, le lever de soleil y est chaque jour extraordinaire.
Le soleil s’y étire longuement...
Même pour des débutants, le canot est une embarquation très rapidement manoeuvrable. Une bonne coordinnation permet de faire une pêche au lancer ou à la mouche dans de bonnes conditions.
Le soleil pointe déjà au dessus des épinettes, les gars sont tous embarqués. Nous partons vers la rivière Villéon. David et Dany nous ont dit qu’il y aurait moins de portages aujourd’hui. Nous sommes particulièrement excités car nous allons vers un secteur où les caribous forestiers sont très actifs. J’espère que nous aurons la chance d’en observer ...
Nous venons de passer le premier courant, et la rivière Villéon s’est offerte à nous. Je prends maintenant conscience de l’aventure qu’ont vécu les compagnons de Cartier. Surtout, je mesure toute l’humilité, la prudence, le respect que nous devons à ce lieu pour y trouver notre place.
Nous avons la chance d’observer de nombreux oiseaux, des tétras, des oies, les huards avec leur cri caractéristique. Nous avons pu constater à quel point le balbuzard est un redoutable pêcheur. Quel oiseau magnifique, il est venu nous signifier sont mécontentement car nous passions sur son territoire de pêche, et ce juste avant de crever la surface du lac pour repartir avec un poisson bien plus gros que ceux que nous avions pris jusque là. Je regarde, je respire, je m’imptrègne de ce lieu ...
Nous passons ainsi de lac en lac, les décors s’enchaînent comme autant de cartes postales. Depuis longtemps, j’ai laissé mon appareil photo au fond de mon sac pour mieux profiter du spectacle. Les parfums de sphaigne, l’acidité des épinettes apportent une atmosphère particulière. c’est un véritable feu d’artifice odorifère.
Rivière Villéon - Campement 2. Un des lieux magiques... Le coucher de soleil vient s’éteindre sur le seuil de la chute. c’est aussi un spot remarquable pour la pêche.
J’ai très peu dormi depuis hier et malgré la fatigue, je n’arrive pas à me résigner à faire une sieste avant notre départ en bateau. Nous venons de faire connaissance avec nos guides, Dany et David, Pierre le responsable de la pourvoirie nous fait visiter les lieux ...
Nous avons traversé le Lac à l’Argent pour rejoindre notre point de départ pour le lac du Bélier. Un bon échauffement pour débuter ce raid et les canots nous attendent. Je suis un peu inquiet car ma pratique remonte maintenant à quelques années. Dany et David sont au brieffing. La bonne nouvelle est que j’embarque avec David. Cest un garçon solide, il a le geste précis, et ses conseils me rassurent. Ça y est je suis à bord en route vers le Lac Homard, Campement 1...
Mes forces m’ont abandonné hier soir... Le décalage horaire m’a extirpé du sommeil vers 2h30. Bien lui en a pris, j’ai pu observer ma première aurore boréale. C’est un spectacle inoubliable. Une lumière verte et vaporeuse faisait flamboyer l’horizon. Avec Thierry, nous sommes restés longuement, nous avons rallumé le feu, car le gel nous a surpris au petit matin, et nous en avons profité pour déguster notre petit nectar maison, du calva...
6h..., la fatigue et le calva ont eu raison de moi... Le jour se lève, je sors timidement le nez de l’abri. Les outardes sont déjà en vol, un pluvier s’est installé sur l’île en face. La bonne odeur du café, m’incite à sortir. Le lever de soleil est déjà bien avancé, ses lumières changeantes inondent le lac.
Ce sentiment d’immensité transforme ce lieu en une gigantesque cathédrale de plein air. Les chants des oiseaux sont l’orgue, la clarté semble sortir des vitraux et surtout ce silence impose la quiétude. Je commence à percevoir combien nous sommes chanceux d’assister à ce simple spectacle de la nature en vie...
Avant de partir pour notre deuxième étape, l’appel de la rivière a été trop fort. Je suis parti avec «Maxou» explorer. N’étant pas feru de pêche à la mouche, j’ai attaché rapidement une petite cuillère à mon lancer léger. L’attente n’a pas été longue et au deuxième lancer, j’ai capturé ma première truite mouchetée du Québec. Pris par l’excitation, nous avons capturé rapidement plus d’une dizaine de poissons chacun...
Je regarde souvent mes camarades, leurs yeux sont comme les miens ronds et humides. La pêche est devenue accessoire. Je suis dans un état presque euphorique. David parle peu, ce qui contribue encore plus à mon sentiment de solitude.
Malgré notre approche discrète, nous n’avons toujours pas pu observer un caribou. Les traces sur les plages sont pourtant le témoignage d’une activité intense
Cette journée se termine en apothéose, le décor du Campement de la Rivière Villéon est vraiment exceptionnel. C’est une longue chute d’eau en plusieurs paliers. L’eau s’agite et rebondit sur de grandes roches plates pour terminer sa course entre deux gros rochers où le courant se perd dans des méandres profonds.
Nous avons pu profiter d’un magnifique coucher de soleil entre les épinettes sur le seuil de la chute. Le clou du spectacle fut un groupe d’outardes qui nous a survolé à quelques mètres d’altitude...
Sous la tente, les gars parlaient peu. Dany nous préparait une recette de pain amérindien, «La Banic». Ensuite, il nous a expliqué les utilisations et les vertus des plantes que l’on trouve ici. Notamment le thé du Labrador, très présent ici, les Innus l’utilisent sous forme d’infusion pour ces vertus anti-inflammatoire. Nous avons ensuite déguster nos truites mouchetées. Leur saveur n’est pas une légende... Avec la Banic, ce fut un repas de roi!!!...
Nous avons passé la soirée à observer le ciel étoilé, bercés par le flot de la chute...
Sous la tente, les gars parlaient peu. Dany nous préparait une recette de pain amérindien, «La Banic». Ensuite, il nous a expliqué les utilisations et les vertus des plantes que l’on trouve ici. Notamment le thé du Labrador, très présent ici, les Innus l’utilisent sous forme d’infusion pour ces vertus anti-inflammatoire. Nous avons ensuite déguster nos truites mouchetées. Leur saveur n’est pas une légende... Avec la Banic, ce fut un repas de roi!!!...
La pluie s’était maintenant calmée et nous en profitions pour sauter dans nos canots et filer vers le Lac Président. À cet instant, nous ne savions pas quelle journée, nous allions vivre...

Nous étions maintenant de retour à l’auberge. Une bonne douche, et une bonne sieste nous attendaient avant le souper. Dans le chalet, les rires et les souvenirs avaient cèdé la place au crépitement du feu et quelques ronflements. J’étais installé à la table regardant la montagne, en face, immergée dans la brume. J’étais assis à chercher par où commencer pour te témoigner de cette merveilleuse aventure. J’ai simplement laissé mon esprit repartir vers le Lac Homard, La Villéon et ma main s’est élancée... La soirée qui a suivi a été riche en récits, en verres de vin, en rires, en émotions et bien sûr en histoires de pêche... Notre voyage ne s’est pour autant pas terminé ici car le retour en hydravion nous a replongé quelques jours en arrière. Les pilotes ont eu cette délicate attention de nous faire survoler les lieux de nos exploits. Puis, ils ont rivalisé d’imagination pour nous offrir un vol à la hauteur de notre épopée... Pour tout te dire, même notre retour en voiture vers la civilisation a été mémorable... Mais ça s’est une autre histoire....

 

Ton oncle, Marc...

Uniquement accessible par hydravion, odyssée boréale est située sur le 50 ème parrallèle.
Briefing avant le grand départ. Conseil pour la manoeuvre des canots, et c’est parti...
Maintenant rodés à la navigation, nous allions connaìtre la réalité de la vie dans le bois au 50 ème parallèle. La pluie donnait à cette journée un apsect encore plus titanesque... Nous allions connaître dans ces deux derniers jours, la plus rude et la plus mémorable partie de cette expédition. Le niveau trop bas de l’eau dans les rapides ne nous permettait pas de les franchir sans risque. Nous avons donc du faire plusieurs petits portages. La pluie avait maintenant redoublé d’intensité, nous étions dans le long transfert qui nous menait au rive du Lac Président. Marcher dans la sphaigne était vraiment très éprouvant, nos pas s’enfoncaient jusqu’au cheville... Cette journée nous a permis de comprendre l’intérêt d’être une équipe soudée. Nous étions maintenant sur les eaux tumulteuses du Lac Président, des vagues venaient heurter nos canots par le travers et nous limitions nos mouvements dans l’embarcation pour éviter un chavirage. Dany et David savouraient cet instant, ils étaient dans leur élément. Leurs visages ne témoignaient d’aucune souffrance. Ils manoeuvraient avec la plus grande facilité le canot, leur sac sur le dos et assuraient l’encouragement à l’ensemble des gars de l’équipe. Nous pouvions maintenant voir cette réalité des hommes de bois ... Et surtout que nous n’en étions pas...